L'art de vivre au féminin

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Natacha Dzikowski : « J’ai l’âge que je veux »

Rencontre avec cette femme libre et heureuse

Blogueuse, écrivaine et parfois chroniqueuse, Natacha Dzikowski mène un réel combat pour casser les tabous sur la ménopause. Une grande communauté de femmes la suit sur son site et ses réseaux au quotidien. Elle leur partage tous ses conseils sur la santé, le bien-être, l’alimentation… afin qu’elles aient confiance en elles et qu’elles deviennent à leur tour, des femmes libres et positives. 

Que faisiez-vous dans la vie avant de vous lancer dans votre blog ?

Toute ma vie j’ai été publicitaire et j’étais spécialisée dans les secteurs de la mode, du luxe, de la beauté, de la santé et du bien-être. J’ai créé une agence spécialisée dans le domaine au sein de grands groupes, dont Publicis luxe. J’ai donc beaucoup travaillé dans tous les univers féminins.
J’ai créé mon blog en parallèle en 2015, quand j’étais encore en agence. Tout le monde me demandait en permanence plein de conseils, puis on me disait “j’ai fait comme tu m’as dit, c’est un miracle ça a marché”. Ca n’avait rien de miraculeux puisque c’était juste des règles de bonne hygiène de vie globale. Alors plutôt que de répondre au cas par cas, j’en ai fait un blog pour donner au plus grand nombre de femmes, l’accès à l’information pédagogique.
Je leur explique comment bien vivre dans leur âge, rester en bonne santé, conserver une jolie silhouette, une belle peau, se sentir bien, avoir confiance en elles et j’aborde la ménopause d’une façon tout à fait sereine en ayant les bonnes informations. Petit à petit, c’est vraiment devenu une plateforme digitale très tournée vers les femmes de 50 ans et plus, axée sur la santé, la beauté et le développement personnel.

Si vous aviez un conseil à donner à une femme qui vient tout juste de rentrer dans la ménopause, quel serait-il ?

La ménopause est un processus naturel qui se met en place sur plusieurs années. Ça commence vers 46/47 ans, avec des cycles irréguliers et des effets collatéraux comme des bouffées de chaleur, de la fatigue ou de l’irritabilité. Dès que les œstrogènes commencent à ne plus être produits régulièrement, ça a des incidences sur toutes nos hormones et c’est pour ça qu’on peut avoir des effets secondaires. Quand on commence à voir apparaître ces signes, la meilleure chose à faire est d’abord de noter ses cycles pour voir quel est leur degré d’irrégularité.
Si je suis de mauvaise humeur, ce n’est pas que je suis dépressive. Très souvent on ne pense pas forcément à la ménopause parce qu’on n’est pas forcément au courant qu’avant il y a la préménopause. Si on va voir le généraliste, il nous demande si on a des problèmes, si on est stressé ? Oui tout le monde a des problèmes et tout le monde est stressé. Et il nous donne des antidépresseurs. Sauf qu’on n’en a pas du tout besoin. On a besoin éventuellement de magnésium, de calcium et d’oméga 3.
Quand on commence à voir un certain nombre de signaux non habituels, le réflexe est d’aller voir son gynécologue parce que c’est la personne la plus habilitée à définir si on est en préménopause. Il peut vous donner des solutions avec des plantes, les hormones ne sont pas obligatoires. Il y a toute une hygiène de vie à mettre en place pour diminuer les effets. Il est vrai que certaines souffrent énormément et dans ce cas là, seul un traitement peut être une réponse. Encore une fois, le gynécologue est le bon interlocuteur et il doit devenir votre partenaire de santé.

J’ai l'âge que je veux et je me fous pas mal de ce que les autres pensent et je me fous pas mal de tous les archétypes liés à l’âge.

Selon vous, pourquoi est-il important de ne pas se préoccuper du regard des autres ?  

Parce qu’à partir du moment où vous déléguez votre valeur, vous vous mettez dans une position de fragilité extrême et en insécurité totale. C’est le sens de la phrase de Sartre quand il dit “l’enfer c’est les autres”. A partir du moment où vous considérez que c’est les autres, avec leur regard extérieur, qui vont dire “ah oui c’est bien tu le mérite, là tu es bien habillée, jolie, pas jolie”, vous déléguez complètement aux autres toute l’estime de vous et toute la confiance en vous et ça c’est extrêmement dangereux. S’affranchir de ça, c’est gagner sa liberté.
Vous n’êtes pas libre quand vous vous remettez dans les mains d’autrui, que ce soit votre mec, votre patron, votre mère… ce n’est pas à l’autre de devoir définir la valeur que vous vous accordez, la place que vous estimez être la vôtre, la confiance que vous vous faites ou pas. La confiance se construit par les actions qu’on mène. On ne naît pas avec de la confiance, ça se construit et ça se construit par ce qu’on fait. “On est ce que l’on fait”, comme disait Sartre encore une fois. Le plus vite on apprend à s’abstraire du regard des autres, le plus libre on est. Plus on est libre, plus on peut être heureux. 

Qu’est ce qui vous a poussé à écrire vos livres pour donner vos conseils ? 

Au fil des années, j’ai mis sur pied une sorte de protocole sur l’hygiène de vie grâce à tout ce que j’ai appris sur le fonctionnement du corps humain. Il permet de gérer mon âge biologique.
On fait une confusion entre prendre de l’âge, qui est un phénomène biologique naturel, et vieillir qui est considéré comme de la dégradation. Or, cette fameuse dégradation, c’est-à-dire le vieillissement de nos cellules, on a la main dessus. Les gens ne le savent pas, mais le vieillissement c’est à 80% par nos cellules et à 20% par nos gènes. Donc on est tout à fait capable d’avoir la main sur notre hygiène de vie. Encore faut-il savoir comment marche notre corps, de quoi il a besoin, qu’est ce qui va accélérer notre vieillissement.
Notre corps est une machine exceptionnelle qui a des capacités d’auto régénération et d’auto réparation incluses à l’intérieur, encore faut-il ne pas les perturber par notre alimentation, de la sédentarité, une surexposition au UV etc. Si je vous explique le rôle du sucre raffiné et ses dommages, que je vous dis que ça va vous créer un processus inflammatoire et une porte ouverte aux maladies voir au cancer vous allez comprendre qu’il va falloir arrêter de manger des desserts à la fin des repas. Une fois que vous avez donné les clés de la pédagogie, les gens peuvent changer leur mode de vie. C’est la raison pour laquelle toutes ses connaissances que j’ai acquises sur le fonctionnement des intestins et de toute notre vie cellulaire, je l’explique de la façon la plus simple possible et en en faisant une méthode pour aider chacun.
Mon premier livre était très tourné sur les femmes et le 2ème est beaucoup plus mixte, pour aider chacun à faire de l’âge une aventure formidable et ne pas se dire “mon dieu je vais me dégrader”. Cette perception vient de tous les préjugés associés au fait de vieillir. Dans la tête des gens, ils font une confusion entre être jeune et être vivant. Être jeune ce n’est pas cet état transitoire entre 25 et 35 ans, c’est un état d’esprit : de la curiosité, de l’ouverture, aimer voir devant… Il faut se protéger du syndrome du rétroviseur, c’est-à-dire le fait de vivre dans ce que j’ai été. Ce qu’on va être sera encore mieux. Si on n’y croit pas, forcément à un moment on donne des signaux au corps qui ne sont pas les bons.
J’ai écrit ces livres pour que les gens se rendent compte que l’âge est une aventure formidable et qu’on peut tout à fait vieillir heureux. L’âge heureux existe. Il faut juste adapter son mode de vie, avoir une alimentation saine et surtout bouger. La sédentarité est la première cause de mortalité. On doit au minimum avoir 30 minutes d’activité physique par jour selon l’OMS. 

Qu’est ce que vous faites pour entretenir votre corps et votre santé ?

Je fais une heure de sport intensif en extérieur, tous les jours de l’année, du lundi au vendredi. Je mélange cardio et renforcement musculaire. Quand j’ai envie, je vais rajouter pendant le week-end une séance de yoga ou de pilates.
Dans mon alimentation je ne consomme absolument pas de sucre raffiné. Je ne mange pas de viennoiseries, je ne bois pas de sodas, je ne mange pas de gâteau, pas de sucrerie, pas de chocolat. J’ai éliminé tout ça de mon alimentation parce que j’essaie au maximum de me préserver du sucre raffiné. Je prends un petit déjeuner salé parce qu’ à 11h nous avons un pic naturel de glycémie dans notre corps, donc si vous avez pris un petit déjeuner sucré, vous allez augmenter ce pic de glycémie. Vous aurez super faim et vous voudrez prendre du sucre. C’est un cercle vicieux.
Pour produire de l’énergie, les cellules ont besoin de glucose. Quand le glucose arrive dans le sang, le pancréas produit de l’insuline pour l’emmener là où on en a besoin : dans le foie et les muscles. Plus on a de muscles, plus le glucose est absorbé. Une fois que ces organes ont absorbé le glucose, l’excès ne peut pas rester dans le sang, alors il est stocké dans les cellules appelées adipocytes et qui ont la capacité de gonfler mille fois leur taille. C’est ce qu’on appelle la cellulite, la graisse et les bourrelets. En plus, ça dit au corps qu’il faut stocker et ça vous empêche de brûler des calories. C’est une combustion naturelle de l’énergie et c’est ce qui fait que les gens grossissent.
Je commence par un petit déjeuner salé avec du pain noir allemand en général et dessus j’étale du fromage de chèvre et quelques amandes ou noix du Brésil. Pour le déjeuner je prends des protéines, soit végétales, soit animales. J’évite la viande rouge parce qu’elle est très inflammatoire. Le soir je vais manger très léger, par exemple un œuf mollet et un demi avocat. L’hiver je prends une soupe.
Il faut comparer la nourriture à l’essence qu’on met dans sa voiture. Si vous passez votre temps à remplir votre réservoir et qu’en plus votre voiture reste au parking, le réservoir va déborder. Le corps c’est pareil. Quand il déborde ça fait du surpoids et le surpoids est négatif pour la santé. Pour moi, les travers du body positive c’est de dire aux gens “vous avez le droit d’être gros”. Le problème c’est que le surpoids est mauvais pour la santé et aujourd’hui on est confronté à des phénomènes d’obésité incroyable en Europe.
Ce qui doit guider tout le monde c’est l’IMC. Il doit être inférieur à 25 et supérieur à 18, peu importe que vous fassiez, du 38 ou du 42. 

Pouvez-vous nous partager votre recette préférée ? 

Je ne cuisine pas, je déteste ça, ça m’ennuie. Moins je passe de temps dans la cuisine, mieux je me porte.
En dehors du sucre, il faut enlever toute la nourriture industrielle, bourrée de sucres cachés, d’acides gras trans et qui sont épouvantables pour notre intestin et notre microbiote intestinal. Moi je n’achète que des aliments que je ne transforme pas. Par exemple, une papillote de saumon et des légumes verts, des tomates mozzarella avec un peu de basilic ou un avocat nature avec un œuf mollet et un peu de quinoa, voila ce que j’aime manger. Je suis la preuve vivante que sans passer de temps dans sa cuisine, on peut manger sainement, ne pas prendre de poids à la ménopause et être en parfaite santé.
Très souvent le midi, je vais dans des petites cantines BIO où tout est très bien cuisiné et les plats végétariens sont délicieux. Moi je ne sais pas le faire. Pour décomplexer tout le monde, on n’a pas besoin d’être une cuisinière émérite pour se nourrir sainement. Il faut juste acheter de bons aliments et ne pas chercher à les transformer. 

Pourquoi avez-vous lancé un podcast après la sortie de votre dernier livre ? 

Je veux vraiment faire une sorte de cri de ralliement qui soit à l’opposé de l’âgisme, ce courant de discrimination absolue. A partir de 50 ans, on est viré des boîtes parce qu’on n’est pas adaptable, c’est faux. Les femmes ont la double peine parce que soit disant elles deviendraient invisibles, comme si leur corps était désirable uniquement quand elles peuvent se reproduire, que nous les femmes nous n’avions plus que le droit d’être grand-mères. Ce n’est pas vrai non plus, le corps reste désirant.
J’ai l’âge que je veux et je me fous pas mal de ce que les autres pensent et je me fous pas mal de tous les archétypes liés à l’âge. J’ai en effet fait un podcast qui s’appelle “les confidences de j’ai l’âge que je veux”. C’est une plateforme de libre échange où j’invite les femmes (bientôt aussi des hommes), à venir échanger sur l’âge. Ma première invitée, Sylvie Lefranc, est professeur de yoga du visage et de médecine chinoise. Elle a parlé de sa vision de l’âge et de la ménopause. Ma deuxième invitée Perla Servan Schreiber, écrivaine de 80 ans qui écrit beaucoup sur l’âge, a partagé aussi sa philosophie. Elle dit des choses que les gens ont envie d’entendre, avec un message positif. Et moi mon propos c’est de délivrer un message positif sur l’âge.
Quand on prend de l’âge c’est une chance, ça veut dire qu’on est vivant, donc on n’est pas mort jeune. De cette façon, l’âge est agréable. Parce que quand on a entre 25 et 40 ans, on se dit “qu’est ce que je vais avoir de plus, comment je vais gagner plus d’argent, avoir un plus grand appartement, faire des plus beaux voyages, avoir plus de ça…” plus de tout ce que vous voulez. Il y a un moment où ça devient un peu lassant et si on le remplace par “qu’est ce que je vais apprendre ?” alors là l’âge est une merveille parce qu’on peut apprendre plein de choses. Et surtout maintenant en neuroscience, les chercheurs ont montré que la grande légende urbaine qui disait qu’ à partir d’un certain âge, les neurones avaient tendance à s’éteindre dans notre cerveau, ce n’est pas vrai. La capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions neuronales, dure jusqu’à notre dernier souffle. Ça peut fonctionner dans le fait d’apprendre l’italien, faire une nouvelle activité sportive, apprendre à jouer d’un instrument… Cela permet de maintenir en activité le cerveau. Il ne faut jamais arrêter d’être actif. 

Si vous aviez un conseil à donner aux jeunes femmes, quel serait-il ? 

De travailler sur elles le plus tôt possible. Je pense que le travail sur soi est la clé de la liberté. Quand on ne travaille pas sur soi, on n’apprend pas à se connaître. On est donc contrôlé et géré par ses émotions. Le fait de travailler sur soi, ça permet de savoir ensuite gérer ses émotions, gérer son rapport à l’autre et se développer ainsi d’une façon beaucoup plus harmonieuse. Quelque soit la façon de le faire. Il ne faut pas forcément aller chez le psy pendant des années, il y a plein de façons pour se connaitre.
Forcément il y a des jours où c’est très douloureux, mais ce n’est pas parce qu’on va mettre des choses sous le tapis que ça ira mieux. Un jour ça va ressortir et en général ce n’est pas très agréable. Plus on apprend à se connaître, plus on apprend la sécurité dont on a besoin, à l’intérieur de soi. C’est nous qui assurons notre propre sécurité, on ne doit pas la déléguer à l’extérieur.
Quand vous allez faire ça, vous allez vous même construire votre estime de vous. Les gens confondent souvent la confiance en soi et l’estime de soi. L’estime de soi c’est un sentiment, un ressenti sur votre place et votre valeur. La confiance en soi vient des actions que vous faites. Plus vous faites d’actions, plus vous avez de compétences, plus vous avez confiance en vous parce que vous savez que vous êtes capable de faire certaines choses. Tout ça fait que vous allez vous développer de façon harmonieuse et ça part du travail sur soi. 

Comment définiriez-vous la femme ENJOYEUSE ? 

Elle m’évoque le positif, l’énergie, l’ouverture et le partage. Elle a une philosophie positive par rapport à l’existence qui est d’accueillir ce qui va arriver sans trop de préjugés. 
Son dernier livre

Le #Hashtag de la Rédac '

#NatachaDzikowski

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