La Revue — Avant tout le monde.
Par Nathalie K11 septembre 2026

C’est peut-être à cette période que l’Italie révèle le mieux une partie de son caractère. La lumière devient plus dorée, les températures invitent davantage à marcher, les villes retrouvent leur rythme quotidien et les régions se découvrent à travers leurs marchés, leur gastronomie, leur patrimoine et cette façon très italienne de faire de chaque moment ordinaire une occasion de plaisir.
Des Pouilles à la Sicile, jusqu’à Milan, l’automne offre ainsi plusieurs manières de vivre le pays. Certaines adresses ferment leurs portes quelques mois avant de retrouver leurs hôtes au printemps, tandis que d’autres vivent toute l’année au rythme de leur destination.
Une invitation à voyager autrement, en prenant le temps de regarder ce qui se trouve autour de soi.

Après les mois d’été, la campagne pugliese retrouve davantage de tranquillité. Les oliviers dessinent toujours leurs silhouettes argentées dans le paysage, les villages blancs semblent encore plus lumineux sous une lumière plus douce et les petites routes de la vallée d’Itria invitent à prendre le temps de parcourir l’intérieur des terres.
C’est dans cette région, entre campagne et villages historiques, que se trouve Masseria Torre Maizza, une ancienne masseria du XVIe siècle entourée d’oliviers anciens, aujourd’hui transformée en adresse hôtelière. L’architecture et les paysages de la région y restent très présents, tandis que les chambres et suites, imaginées notamment par Olga Polizzi, associent matériaux naturels, lignes contemporaines et détails inspirés du territoire. L’établissement possède également un spa, un parcours de golf et un beach club privé. L’établissement ferme ses portes le 31 octobre 2026 avant de rouvrir le 25 mars 2027, ce qui laisse encore quelques semaines pour découvrir les Pouilles dans une atmosphère différente de celle des mois de haute saison.
L’intérêt d’un séjour à cette période ne tient pas seulement au climat. Il réside dans la possibilité de retrouver une région à un rythme plus paisible, de prendre le temps de découvrir les villages, de s’attarder autour d’une table et de regarder autrement cette campagne façonnée par les oliviers, les murets de pierre et les constructions traditionnelles.
L’automne est aussi une belle saison pour retrouver ce qui constitue l’une des grandes forces des Pouilles, une gastronomie intimement liée au territoire.
Ici, le voyage passe naturellement par l’assiette. Les produits de saison, l’huile d’olive, les légumes, les pâtes fraîches et les spécialités locales racontent une région où la cuisine reste profondément attachée aux produits et aux gestes.
Au Verdura Resort, la saison se prolonge jusqu’au 15 novembre 2026. Installé sur 230 hectares de côte méditerranéenne, dans le sud-ouest de la Sicile, le resort mêle jardins, campagne, plage privée, golf et espaces dédiés au bien-être. Il rouvrira ensuite le 12 mars 2027.
L’automne sicilien offre une autre manière de profiter de l’île. Les températures permettent encore de passer du temps dehors, mais la chaleur estivale laisse progressivement place à une atmosphère plus confortable pour explorer les environs, découvrir les villages, goûter la cuisine locale ou simplement prendre le temps de regarder la Méditerranée.
Au Verdura, la dimension méditerranéenne se retrouve jusque dans l’expérience du spa. L’Irene Forte Spa s’étend sur 4 000 m² et possède notamment quatre bassins de thalassothérapie, des espaces de soins, un sauna, un hammam et des installations de remise en forme. Les soins s’appuient notamment sur des plantes cultivées sur place.

« La Sicile ne se résume jamais à ses paysages de carte postale. »
La gastronomie occupe elle aussi une place importante. Le resort compte plusieurs restaurants et bars, avec des propositions allant de la cuisine sicilienne traditionnelle à une approche plus gastronomique. À Liolà, les produits locaux et de saison sont travaillés dans l’esprit d’une trattoria au bord de la mer, tandis qu’Amare propose poissons et fruits de mer face au littoral.
L’intérêt d’un séjour en Sicile réside aussi dans ce qui se trouve au-delà de l’hôtel. En effet, pour vraiment comprendre l’île, il faut sortir, marcher, regarder les façades, entrer dans une pâtisserie, goûter une spécialité locale, traverser un marché. La Sicile ne se résume jamais à ses paysages de carte postale.

À quelques heures de route, Palerme propose une autre manière de vivre la Sicile. Palais, marchés, églises, jardins et façades se succèdent dans un décor où l’histoire est presque toujours visible.
Installée au pied du mont Pellegrino et face au golfe de Palerme, Villa Igiea est elle-même une partie de cette histoire. Le palais, construit au début du XXe siècle pour la famille Florio et dessiné par l’architecte Ernesto Basile, a connu les fastes de la Belle Époque avant d’être restauré par Rocco Forte Hotels, qui l’a acquis en 2019. Ses jardins en terrasses descendent vers la mer et ses espaces Art nouveau ont été restaurés en conservant les éléments patrimoniaux du lieu.
C’est ce qui donne à l’adresse une personnalité très différente de celle d’un resort méditerranéen. Villa Igiea est autant une porte d’entrée sur Palerme qu’un lieu où l’on pourrait passer la journée sans sortir.
Le restaurant Florio, installé dans l’un des espaces historiques du palais, fait notamment revivre l’atmosphère de la Belle Époque autour d’une cuisine sicilienne qui privilégie poissons, crustacés, pâtes fraîches et spécialités de l’île. Le soir, l’Igiea Terrazza Bar offre une autre manière de retrouver l’aperitivo, autour notamment des liqueurs de la famille Florio.
Cet automne, Villa Igiea propose deux expériences qui permettent d’entrer dans la ville par des chemins moins attendus.
La première passe par la gastronomie et les frutti di Martorana, ces petites créations en pâte d’amande façonnées pour reproduire des fruits et traditionnellement associées à la Fête des Morts. À travers la visite d’une boulangerie de couvent et d’une pâtisserie historique, l’expérience permet de découvrir une tradition culinaire qui raconte une partie de l’identité sicilienne.
La seconde, Palermo Noir, change complètement d’atmosphère. À la tombée du jour, les quartiers de Cuba, Seralcadio et Kalsa deviennent le décor d’une promenade autour des légendes, des récits de fantômes et des épisodes les plus mystérieux de l’histoire palermitaine. Une manière de rappeler qu’une ville ne se résume jamais à ses monuments les plus célèbres. Elle possède toujours des histoires plus discrètes, parfois plus étranges, qui apparaissent lorsque l’on accepte de regarder autrement.
Quitter la Méditerranée pour Milan, c’est changer totalement d’ambiance. Ici, pas de villages blancs ni de jardins d’agrumes. L’Italie devient urbaine, créative, élégante. Milan est la ville de la mode et du design, mais aussi celle des cafés, des galeries, des palais, des boutiques et de cette élégance très particulière qui semble appartenir à la ville.
Au cœur du Quadrilatero della Moda, The Carlton propose une manière de vivre Milan toute l’année. L’adresse a été pensée comme une interprétation contemporaine de la résidence milanaise, avec des intérieurs imaginés par Olga Polizzi, Paolo Moschino et Philip Vergeylen. Les matières italiennes, les œuvres d’art et les textures se mêlent à une atmosphère plus intime, loin de l’idée d’un hôtel impersonnel.
L’adresse est aussi intéressante pour sa manière d’inscrire le séjour dans la ville. On y retrouve notamment Spiga, consacré à une cuisine italienne contemporaine, le Carlton Bar, pensé autour de la mixologie et de l’aperitivo, ainsi que le Café Floretta, installé dans un jardin d’hiver lumineux.

Entre la campagne des Pouilles, la côte sud de la Sicile, les palais de Palerme et les rues élégantes de Milan, difficile d’imaginer des destinations plus différentes. Et pourtant, elles racontent toutes quelque chose de profondément italien. Une certaine façon de considérer le temps. C’est sans doute ce qui rend l’automne particulièrement intéressant pour une escapade en Italie. La saison invite moins à accumuler les expériences qu’à les vivre pleinement. On marche davantage, on observe, on déguste, on découvre un marché plutôt qu’une liste de monuments.
On entre dans une pâtisserie parce qu’une odeur attire l’attention. On s’assoit à une terrasse sans vérifier l’heure. On prend le temps de comprendre pourquoi une recette existe, pourquoi une ville s’est construite ainsi ou pourquoi un paysage semble différent sous cette lumière.
La saison invite moins à accumuler les expériences qu'à les vivre pleinement.


Nathalie KRédactrice en cheffeReportage par © Nathalie K - Enjoyeuse, magazine féminin
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Six femmes, six histoires.
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