La Revue — Avant tout le monde.
Par Nathalie K18 septembre 2026

La découverte de l’île commence naturellement à Caleta de Sebo, le principal village de La Graciosa. Les maisons blanches, les portes colorées, les vélos appuyés contre les façades et les petites terrasses donnent au village une atmosphère tranquille qui contraste avec l’animation de certaines destinations balnéaires des Canaries.
Caleta de Sebo reste un village de pêcheurs. Les restaurants installés près de l’eau mettent naturellement le poisson frais à l’honneur et la relation avec la mer demeure très présente dans la vie locale. C’est aussi ici que se trouve l’essentiel de la vie de l’île. On y vient pour déjeuner, louer un vélo, prendre un café ou simplement observer les bateaux.
Face au village, Lanzarote apparaît avec les falaises de Famara en toile de fond. Le plus agréable est peut-être de ne rien chercher de spectaculaire dans ce premier contact. Marcher quelques minutes dans le village, regarder les maisons, écouter les conversations et rejoindre le bord de mer suffit déjà à comprendre le rythme de l’île.

La Graciosa possède une particularité qui change profondément la manière de la parcourir : ses routes ne sont pas goudronnées.
Les déplacements se font principalement à pied, à vélo ou grâce à des véhicules adaptés aux pistes. Le vélo permet de parcourir l’île à son rythme, de s’arrêter devant un paysage, de descendre vers une plage ou de poursuivre jusqu’à un petit village sans avoir l’impression d’entreprendre une véritable excursion.
L’un des itinéraires proposés autour de l’île mène notamment vers Playa de las Conchas et Pedro Barba, sur un parcours d’environ vingt kilomètres entièrement sur piste.
« La Francesa est plutôt une plage où l’on comprend le plaisir de consacrer quelques heures à presque rien. »
Parmi les plages de La Graciosa, La Francesa est l’une de celles qui incarnent le mieux cette impression de calme. Son sable clair, ses eaux relativement tranquilles et la vue sur le Risco de Famara de Lanzarote en font un lieu où l’on a envie de rester.
La Francesa est plutôt une plage où l’on comprend le plaisir de consacrer quelques heures à presque rien. Une baignade, un livre, une promenade dans le sable, une sieste à l’ombre improvisée d’un parasol.

La Montaña Amarilla domine une petite crique connue sous le nom de La Cocina. Le volcan porte bien son nom. Ses teintes jaunes et ocres tranchent avec le bleu de l’Atlantique.
La terre volcanique semble chaude alors que la mer affiche des nuances de turquoise et de vert. Il y a dans ce paysage quelque chose de presque minéral, très éloigné de l’image traditionnelle d’une île tropicale.
La Cocina est une petite crique protégée, aux eaux calmes, accessible à pied depuis Caleta de Sebo ou dans le cadre d’un parcours à vélo. C’est l’un des endroits où l’on comprend le mieux la personnalité de La Graciosa. Peu d’aménagements, beaucoup de nature et cette impression d’être face à un paysage qui n’a pas besoin d’être amélioré.
La montagne elle-même mérite aussi que l’on lève les yeux. Les reliefs volcaniques donnent à l’île une identité très particulière, presque austère par endroits, mais toujours adoucie par la lumière et la mer.

À quelques kilomètres de Caleta de Sebo se trouve Pedro Barba, le deuxième centre résidentiel de l’île.
Le lieu possède une atmosphère complètement différente. Les maisons, souvent occupées durant la période estivale, forment un petit ensemble posé au bord de l’eau. On y arrive à pied ou à vélo en longeant le littoral.
Il y a ici une sensation de bout du monde assez particulière. Pas de grande place, pas de succession de boutiques, pas d’animation permanente. Seulement quelques maisons, la mer et le paysage.
Pedro Barba rappelle que La Graciosa a longtemps vécu à un rythme lié à la pêche et à la mer. Aujourd’hui encore, cette histoire reste visible dans les habitudes et dans l’architecture de l’île.


La Graciosa est proche de Lanzarote, mais elle donne l’impression d’être beaucoup plus loin.
Quelques minutes de traversée suffisent à quitter une île touristique très connue pour rejoindre un territoire où le temps semble s’être resserré autour de quelques essentiels : marcher, regarder, nager, manger, dormir, recommencer.
Ce qui séduit ici n’est finalement pas seulement la beauté des plages ou les couleurs du paysage volcanique. C’est la manière dont l’île remet les choses à leur place.
La mer redevient immense. Une balade devient une véritable sortie. Un déjeuner devient un moment. Une plage devient un lieu où l’on peut rester plusieurs heures sans rien faire d’autre que regarder l’eau.
Marcher, regarder, nager, manger, dormir, recommencer.
Nathalie KRédactrice en cheffeReportage par © Nathalie K - Enjoyeuse, magazine féminin
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