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Natacha Dzikowski, l’âge comme une liberté

Par Nathalie K23 septembre 2026

Natacha Dzikowski, chemise blanche, souriante dans un intérieur lumineux, format paysage
Crédit photo © Nathalie K (extension IA)
Auteure, conférencière et spécialiste du bien-être, Natacha Dzikowski défend une autre manière de regarder les années qui passent : non comme une perte, mais comme une nouvelle liberté à conquérir.

Il y a des phrases qui résument une philosophie de vie. « J’ai l’âge que je veux » en fait partie. Pour Natacha Dzikowski, ce n’est ni une formule destinée à faire joli sur la couverture d’un livre, ni une manière de nier les années qui passent. C’est une façon de reprendre possession de son histoire, de son corps et de la manière dont on choisit de vivre.

Natacha revendique son âge sans pour autant accepter qu’il définisse ce qu’elle peut encore désirer, entreprendre, apprendre ou devenir. Son parcours raconte justement cette liberté, celui d’une femme qui a longtemps travaillé dans la communication et l’image pour de grandes marques de luxe et de beauté avant de faire de la santé, du bien-être, de la longévité et du rapport à l’âge son terrain d’engagement.

« J'ai l'âge que je veux »

Natacha Dzikowskiauteure et conférencière

Changer de regard sur l’âge

Pendant longtemps, l’âge des femmes a été raconté comme une succession de pertes. La jeunesse qui s’éloigne, le corps qui change, la ménopause qui arrive, les enfants qui grandissent, parfois une place professionnelle qui devient moins évidente. À force d’entendre ce récit, il devient facile de finir par le considérer comme une vérité. Natacha Dzikowski a choisi de regarder ailleurs.

Son travail consiste notamment à déconstruire cette idée selon laquelle avancer en âge reviendrait nécessairement à perdre quelque chose. Dans son approche, le corps change, évidemment, mais le changement n’est pas synonyme de déclin. Il peut aussi devenir l’occasion de mieux se connaître, de comprendre ses besoins, de revoir certaines habitudes et surtout de se débarrasser de quelques injonctions.

Elle parle volontiers de santé, d’alimentation, d’activité physique, de sommeil ou encore de ménopause, mais derrière ces sujets très concrets se joue une question beaucoup plus profonde. Comment continuer à habiter pleinement sa vie lorsque les représentations sociales commencent à nous dire que certaines choses ne seraient plus pour nous ?

La réponse qu’elle propose est loin d’un éternel discours sur la jeunesse. Il s’agit au contraire de faire de l’âge une donnée de son histoire, pas une définition de son identité.

« Être jeune » n’a jamais été son sujet

Natacha ne défend pas l’idée qu’il faudrait paraître plus jeune à tout prix, retrouver son corps d’avant ou repousser indéfiniment les signes du temps. Elle invite plutôt à sortir de cette confusion entre jeunesse et vitalité.

Dans ses écrits, elle insiste sur cette différence essentielle. On peut avoir 30, 50, 60 ou 70 ans et conserver une curiosité intacte, une envie d’apprendre, de créer, de rencontrer, de découvrir. L’âge biologique existe, mais il ne dit pas tout de la personne que l’on est ni de celle que l’on peut encore devenir.

Cette manière de penser prend une résonance particulière lorsqu’elle parle de son propre parcours. Elle raconte avoir aujourd’hui une relation à son âge plus apaisée qu’à 50 ans, période qu’elle décrit comme plus anxiogène, notamment autour de la ménopause et des nombreuses peurs qui peuvent l’accompagner. Comprendre ce qui se passait dans son corps lui a permis de reprendre prise sur cette période plutôt que de la subir.

Le corps comme allié

Chez Natacha Dzikowski, le rapport au corps occupe une place centrale, mais là encore avec une approche qui s’éloigne des injonctions habituelles.

Prendre soin de soi n’est pas présenté comme une nouvelle liste d’obligations à ajouter à une existence déjà bien remplie. Il s’agit plutôt de comprendre ce dont le corps a besoin pour continuer à accompagner les projets, les envies et les plaisirs.

Un corps que l’on écoute plutôt qu’un corps que l’on surveille. Un corps que l’on entraîne pour rester mobile, énergique et autonome plutôt qu’un corps que l’on cherche simplement à faire correspondre à une image. Un corps qui évolue, parfois de manière inconfortable, mais qui reste avant tout celui qui permet de vivre.

Cette réconciliation avec soi passe aussi par davantage d’indulgence. Elle invite les femmes à regarder ce qu’elles ont plutôt que de passer leur temps à compter ce qui leur manque, et à prendre leurs distances avec cette image idéale, souvent inaccessible, qui nourrit davantage la frustration que le bien-être.

Portrait de Natacha Dzikowski, chemise blanche, souriante dans un intérieur lumineux
Natacha Dzikowski, chemise blanche et sourire franc : l'âge qu'elle veut.Crédit photo © Nathalie K

La ménopause, enfin sortie du silence

S’il y a un sujet auquel Natacha Dzikowski a particulièrement contribué à donner de la visibilité, c’est celui de la ménopause.

Longtemps considérée comme une affaire intime dont il fallait parler à voix basse, elle défend une approche beaucoup plus ouverte de cette période de transformation. Non pour la transformer en nouvelle injonction au bien-être, mais pour permettre aux femmes de mieux comprendre ce qui leur arrive et de ne pas traverser seules les bouleversements physiques et psychologiques qui peuvent l’accompagner.

Son livre J’ai l’âge que je veux ! développe cette philosophie autour de plusieurs protocoles consacrés notamment à la vitalité, à la nutrition, à la peau, à la ménopause et aux changements de vie. L’objectif affiché est de donner aux femmes des clés pour mieux comprendre leur corps, leurs habitudes et leurs croyances afin de vivre leur âge comme une nouvelle étape plutôt que comme une échéance.

Couvertures des livres J'ai l'âge que je veux ! et Osez votre âge, libérez votre puissance, de Natacha Dzikowski
J'ai l'âge que je veux ! (2023) et Osez votre âge, libérez votre puissance (2024), parus aux éditions LeducCrédit photo © Éditions Leduc

Reprendre le pouvoir sur son histoire

Passé un certain âge, les femmes sont encore trop souvent confrontées à des cases. Trop vieille pour ceci, trop jeune pour cela, moins désirable, moins visible, moins légitime. L’âgisme fonctionne parfois de manière si ordinaire qu’il finit par devenir presque invisible.

Natacha Dzikowski choisit de s’y attaquer frontalement.

Son engagement ne consiste pas simplement à dire aux femmes de « s’accepter ». Il s’agit aussi de leur rappeler qu’elles ont le droit de continuer à avoir de l’ambition, des projets, des envies, de la sensualité, de la curiosité et du désir de changement.

Son travail récent élargit d’ailleurs cette réflexion à la vie professionnelle et à la question de l’ambition après 45 ans, avec l’idée qu’un milieu de vie peut aussi être un moment où l’on affirme davantage sa puissance et son potentiel.

Ce qui change alors, ce n’est pas seulement le regard que l’on porte sur son âge. C’est le regard que l’on porte sur soi.

Ce qui change alors, ce n'est pas seulement le regard que l'on porte sur son âge. C'est le regard que l'on porte sur soi.

Le plus bel âge est celui que l’on habite

Au fond, il n’est pas question de chercher à gagner contre le temps. Il est question de vivre avec lui. De prendre ce qu’il apporte, d’accepter ce qu’il transforme et de continuer à choisir ce que l’on veut faire de chaque nouvelle période de sa vie.

Vieillir devient alors moins une question d’apparence qu’une question de liberté.

La liberté de changer d’avis. De recommencer. De prendre soin de soi autrement. De faire du sport parce que l’on aime se sentir forte. De manger avec plaisir sans transformer chaque repas en calcul. De découvrir encore. D’apprendre. De tomber amoureuse. De travailler. De ne plus travailler. De changer de métier. De voyager. De créer. De dire non. De dire oui.

Et surtout, de ne plus demander la permission.

Natacha Dzikowski ne promet pas de suspendre le temps. Elle défend quelque chose de beaucoup plus précieux : la possibilité de rester pleinement vivante à chaque âge.

Femme aux cheveux gris en tenue de sport faisant une fente latérale sur la pelouse d'un parc ensoleillé
Faire du sport parce que l'on aime se sentir forteCrédit photo © Freepik
Nathalie KNathalie KRédactrice en cheffeReportage par © Nathalie K - Enjoyeuse, magazine féminin

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