La Revue — Avant tout le monde.
Par Nathalie K14 août 2026

Sandrine Verrycken n’est pas arrivée à l’astrologie par hasard. Tout a commencé à l’âge de 14 ans, en Belgique, lorsqu’un professeur de flamand passionné d’astrologie avait utilisé les signes du zodiaque comme support pour apprendre la langue. Cette première découverte a immédiatement fait écho à une recherche de sens qu’elle ressentait déjà. Elle avait alors le sentiment de trouver, à travers les symboles et les cartes du ciel, une sorte de grille de lecture de l’existence, une manière de mieux comprendre ce qui se jouait autour d’elle et en elle.
Cette découverte n’est pas restée une curiosité adolescente. Quelques années plus tard, pour ses 16 ans, sa mère lui offre une consultation chez un astrologue. Sandrine commence alors à acheter des livres, des cartes et à approfondir cet univers qui, depuis, n’a jamais véritablement quitté sa vie.
Elle insiste sur une distinction importante dans sa manière d’aborder l’astrologie. Pour elle, il ne s’agit pas de prédire l’avenir ou de chercher des réponses toutes faites, mais plutôt de travailler avec les symboles, d’interroger certains mécanismes intérieurs et d’ouvrir des pistes de réflexion. L’astrologie est devenue au fil du temps un langage qu’elle utilise pour accompagner cette recherche de sens.
Dans son univers, la lune occupe une place particulière. Sandrine Verrycken l’associe aux mouvements émotionnels, aux cycles et à cette part plus intime de nous-mêmes que l’on ne maîtrise pas toujours consciemment. Elle voit dans les différentes phases lunaires une image de nos propres fluctuations, avec des périodes d’élan, de retrait, d’intensité ou de renouvellement.
Cette lecture s’inscrit dans une approche symbolique plus large, où le ciel devient une sorte de miroir de l’expérience humaine. La lune, par sa relation au soleil et par les différentes phases qu’elle traverse, représente pour elle le jeu entre les énergies féminines et masculines, entre intériorité et rayonnement, réception et action.
Cette façon de regarder le ciel dit finalement beaucoup de sa manière de regarder la vie. Il ne s’agit pas seulement d’observer ce qui se passe au-dessus de nous, mais de faire de cette observation un prétexte pour se demander ce qui se passe à l’intérieur.
Dans une époque où tout semble devoir être expliqué, mesuré et immédiatement compris, Sandrine Verrycken défend plutôt l’idée de conserver une part de mystère, de symbolique et d’intuition. Ce qui l’intéresse est moins de donner une réponse définitive que de permettre à chacun de s’interroger.

Il ne s'agit pas seulement d'observer ce qui se passe au-dessus de nous, mais de faire de cette observation un prétexte pour se demander ce qui se passe à l'intérieur.
Cette même philosophie se retrouve dans son utilisation des oracles. Une carte tirée au hasard peut devenir, selon elle, un support de réflexion et un moyen de prendre un moment pour soi.
L’intérêt de l’oracle ne résiderait donc pas uniquement dans le message inscrit sur la carte, mais dans ce que celui-ci fait résonner chez la personne qui la tire. Une image, un mot, une symbolique peuvent faire surgir une pensée, une émotion ou une question que l’on n’avait pas encore formulée.
Sandrine Verrycken considère ainsi que les réponses sont déjà en nous et que l’oracle permet surtout de créer les conditions pour les entendre. Le geste paraît simple : tirer une carte, l’observer, se demander pourquoi elle nous parle à cet instant précis, puis laisser la réflexion faire son chemin.
Il y a dans cette pratique une volonté de sortir, même momentanément, du rythme habituel. Quelques minutes pendant lesquelles il n’est plus nécessaire de produire, décider ou avancer, mais simplement de regarder et de ressentir.
Cette dimension de pause semble essentielle dans son approche. Derrière l’astrologie et les oracles se dessine finalement une invitation à ralentir suffisamment pour pouvoir entendre ce que le quotidien couvre parfois de bruit.

Son approche prend une dimension particulière lorsqu’elle parle des périodes difficiles. Sandrine Verrycken considère la vie comme une succession de cycles, à l’image des saisons, avec des périodes de croissance, de transformation, de fin et de renaissance. Les moments de crise peuvent alors devenir, dans sa lecture personnelle, l’occasion d’un réalignement.
Elle ne prétend pas que les épreuves seraient faciles ou qu’il suffirait de penser positivement pour les traverser. Son propos est plutôt de chercher ce que l’on peut faire de ce qui nous arrive. Une distinction qui lui paraît fondamentale. Nous ne maîtrisons pas nécessairement les événements, mais nous pouvons travailler sur la manière dont nous y répondons.
Cette idée de responsabilité revient régulièrement dans son discours. Lorsqu’une période difficile survient, elle encourage à regarder ce qui, dans notre fonctionnement, nos choix ou nos habitudes, a pu contribuer à nous conduire jusqu’à cette situation, sans pour autant chercher systématiquement une explication à tout.
Elle se méfie d’ailleurs d’une vision trop simpliste de la pensée positive et de la loi de l’attraction. On ne peut pas, selon elle, commander à la vie en espérant attirer uniquement la richesse, la santé ou le bonheur et éviter tout ce qui serait négatif. Certaines choses échappent à notre contrôle.
En revanche, il existe un espace sur lequel nous pouvons agir : notre manière de réagir, de nous adapter et de reprendre progressivement une place active dans notre propre histoire.
C’est probablement là que son approche devient la plus universelle, même pour celles qui ne partagent pas sa vision astrologique. Derrière les symboles et les cycles se trouve une question très concrète : que fait-on de ce qui nous arrive ?
« Nous ne maîtrisons pas nécessairement les événements, mais nous pouvons travailler sur la manière dont nous y répondons. »
Chez Sandrine Verrycken, l’astrologie semble finalement moins être une recherche de prédictions qu’un outil d’observation. Observer le ciel, les cycles, les symboles, mais aussi ses propres réactions et les périodes que l’on traverse.
Cette démarche suppose de prendre un peu de distance avec l’immédiateté. Plutôt que de considérer chaque événement comme isolé, elle cherche à l’inscrire dans une histoire plus large, faite de répétitions, de transformations et de passages.
Cette vision peut aussi expliquer son attachement au féminin, à la lune et aux notions de cycles. Il y a dans son univers une place importante accordée à ce qui évolue, se transforme et recommence, loin d’une vision linéaire de la réussite ou du développement personnel.
Une vie ne serait pas nécessairement une ligne droite sur laquelle il faudrait avancer sans jamais revenir en arrière. Elle pourrait plutôt être faite de périodes différentes, certaines plus lumineuses, d’autres plus difficiles, chacune pouvant apporter quelque chose à la suivante.
Cette envie d’explorer d’autres façons de vivre se retrouve aussi dans son rapport au voyage. Sandrine Verrycken partage une affection particulière pour les îles Baléares, dont elle aime l’atmosphère espagnole décontractée, la simplicité des relations et cette absence de chichis qu’elle apprécie particulièrement.
Mais c’est le Mexique qui semble occuper une place à part dans son histoire personnelle. Elle y vit une partie de l’année et y a acheté une maison, faisant de ce voyage bien plus qu’une simple parenthèse touristique. Le Sri Lanka l’a également marquée et un voyage en Bolivie était alors en préparation, preuve d’une curiosité qui ne semble pas s’être limitée à un seul univers.
Ce goût du voyage rejoint finalement sa manière d’envisager l’existence. Partir, découvrir un autre environnement, changer de rythme et rencontrer d’autres cultures permet aussi de déplacer son regard sur sa propre vie.
Le voyage devient alors une forme de respiration, mais aussi une manière de sortir temporairement des habitudes qui nous définissent.
Sandrine Verrycken a construit au fil des années un univers très personnel, reconnaissable à son esthétique bohème et à cette place importante accordée aux symboles, à la lune, aux cartes et à l’intuition. Mais derrière cet univers, ce qui ressort surtout est une volonté de transmettre une manière différente de regarder ce qui nous entoure.
L’astrologie lui sert de langage. Les oracles deviennent des supports de réflexion. La lune offre une représentation des cycles. Les périodes difficiles peuvent devenir des moments de remise en question. Le voyage permet de changer d’horizon.
Tout semble finalement converger vers une même idée : prendre le temps de se reconnecter à soi.
Dans une société où l’on cherche souvent à aller plus vite, à tout rationaliser et à trouver immédiatement une solution, son approche propose au contraire de laisser davantage de place à l’intuition et à l’interprétation. Non pas nécessairement pour trouver des réponses définitives, mais pour accepter de se poser de nouvelles questions.
C’est peut-être là que réside l’originalité de son parcours. Depuis cette première rencontre avec l’astrologie à 14 ans, Sandrine Verrycken n’a cessé d’explorer un territoire qui lui ressemble, entre spiritualité, symboles, créativité et développement personnel. Son univers invite surtout à regarder la vie avec un peu plus de curiosité, à accepter ses cycles et à ne pas toujours chercher à tout contrôler.
Parce qu’il existe parfois plusieurs façons de comprendre ce que l’on traverse. Et que, derrière les signes que l’on choisit ou non de regarder, il reste surtout une invitation à mieux s’écouter.
Nathalie KRédactrice en cheffeReportage par © Nathalie K - Enjoyeuse, magazine féminin
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