La Revue — Avant tout le monde.
Par Nathalie K15 juillet 2026


Saint-Martin-de-Ré est un port fermé par ses quais, une citadelle de Vauban classée par l’Unesco et un lacis de ruelles pavées où les façades blanches aux volets gris se ressemblent assez pour que l’on se perde avec plaisir. La Villa Clarisse se trouve au cœur de ce village, à deux cents mètres du musée Ernest-Cognacq, dans un hôtel particulier dont on dit qu’il vit naître, en 1817, le général Lapasset qui a donné son nom à la rue.
L’adresse appartient à Olivia Le Calvez, qui possède aussi, quelques rues plus loin, l’Hôtel de Toiras, ancienne maison d’armateur du XVIIe siècle. Les deux maisons partagent la même décoratrice, Pierre-Yves Rochon, et le même esprit : des intérieurs en nuances de blanc et de beige, du lin, du velours, du parquet, des meubles anciens, rien qui cherche à impressionner. On a parfois attribué le dessin du jardin au paysagiste Louis Benech. Ce qui est certain, c’est qu’il surplombe le clocher de l’église et qu’il organise toute la maison autour d’un ancien cloître devenu patio.
Les chambres ouvrent sur le jardin ou sur la vieille ville. Les plus petites font une trentaine de mètres carrés, les suites atteignent quarante-cinq. Toutes partagent ce décor presque monochrome, rehaussé de quelques accents bleu marine, et des salles de bains en mosaïque de marbre blanc. On ne vient pas ici pour la vue sur la mer, qui n’existe pas. On vient pour une maison fermée sur son jardin, où l’on entend les oiseaux plutôt que les voitures.
On ne vient pas ici pour la vue sur la mer. On vient pour une maison fermée sur son jardin.
L’absence de restaurant fait partie du caractère du lieu. Le petit-déjeuner se prend dans le jardin ou dans la salle du rez-de-chaussée, avec le pain frais, les omelettes, le miel de l’île et le granola maison. En fin de journée, un bar de courtoisie laisse chacune se servir, le vin du Château Clarisse, que les propriétaires produisent à Saint-Émilion, en fait partie. Pour dîner, le George’s, la table de l’Hôtel de Toiras, se trouve à deux minutes à pied, et le majordome de la maison s’occupe de la réservation. Entre Pâques et la Toussaint, on peut aussi demander un panier et partir déjeuner face aux marais.

Depuis le printemps 2024, la Villa Clarisse possède un spa signé Olivier Claire, maison de cosmétique que l’on retrouve dans quelques grandes adresses françaises. Deux cabines de soins, dont une double, un hammam, une salle de repos où l’on peut pratiquer librement le yoga ou le pilates, et des rituels dont les noms disent l’intention : la grande escapade, l’excursion ressourçante. Les produits travaillent le pollen frais de tournesol et les probiotiques. La piscine extérieure, chauffée à vingt-six degrés et équipée d’une nage à contre-courant, reste ouverte de la fin avril à la fin septembre.
Le spa accueille aussi les visiteuses qui ne dorment pas à l’hôtel. Une heure de soin donne accès au hammam et à la piscine. C’est une manière d’entrer dans la maison sans y séjourner, un après-midi d’arrière-saison, avant de reprendre son vélo.


L’île de Ré compte cent trente-huit kilomètres de pistes cyclables. En été, elles sont encombrées. En septembre et en octobre, elles redeviennent ce qu’elles sont : des chemins entre les vignes, les marais salants et les pins. Depuis Saint-Martin, on rejoint Loix et ses marais en une demi-heure, Ars-en-Ré et son clocher noir et blanc en un peu plus, Les Portes-en-Ré et la réserve naturelle de Lilleau des Niges, où les oiseaux migrateurs s’installent dès l’automne.
Le phare des Baleines et ses deux cent cinquante-sept marches, la forêt de Trousse-Chemise, les plages de la Conche désertes à marée basse, le marché couvert de Saint-Martin le matin, les huîtres mangées sur une planche face au chenal : rien de tout cela ne demande de programme. L’île se parcourt à son rythme, et la lumière rasante de l’automne, qui blanchit les façades et argente les marais, fait le reste.
« C’est une escapade qui ne promet rien de spectaculaire. Une maison, un jardin, une île qui se vide. »
La Villa Clarisse ouvre de mai à début octobre et ferme l’hiver. Les dernières semaines de la saison sont sans doute les plus justes pour la découvrir : la piscine est encore chauffée, les ruelles ont retrouvé leur calme, le village appartient de nouveau à ceux qui y vivent. La Rochelle est à quarante minutes, Bordeaux et Nantes à deux heures, Paris à trois heures de train.
C’est une escapade qui ne promet rien de spectaculaire. Une maison, un jardin, une île qui se vide. Il arrive que ce soit exactement ce dont on a besoin.

L’adresse
Villa Clarisse & Spa
Neuf chambres et suites dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, un jardin de palmiers, une piscine chauffée et un spa Olivier Claire. Ouvert de mai à début octobre.
Nathalie KRédactrice en cheffeReportage par © Nathalie K - Enjoyeuse, magazine féminin
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